oui, mon fils de troizan sait lire.

il sait reconnaitre son prénom.

sur sa porte. de sa chambre.

il sait aussi reconnaitre son prénom écrit au-dessus de son porte-manteau, à l'école. en-dessous de sa photo.

il le sait, puisque qu'il le reconnait au milieu d'une vieille liste de courses trainant dans mon sac. (là, celles et ceux qui me connaissent ont du mal à y croire tellement mes sacs sont connus pour être parfaitement bien rangés, sans trucs qui trainent - listes de courses, papiers de chewing-gum, clés en tout genre, carte grise d'une voiture même pas à moi, mousseurs de robinets...) mais oui, sur une liste de courses, il identifie clairement son prénom à côté de "couches" et "lait" - oui c'est une vieille liste, je l'ai déjà dit.

mais en plus, il sait l'écrire !!! si si ! dans son paquet de lettres en bois l'autre jour il en choisit trois. pour son prénom. TMO. presque.

l'autre jour, dans le métro, pour épater tout le compartiment, je sors donc l'ardoise magique.

je dessine. je montre. "un estargot"

la dame à côté de moi s'extasie. (oui bon enfin il ne passe pas non plus sa vie dans le métro, ce petit, d'ailleurs, présentement, il est en bretagne, et en bretagne, les estargots, bref)

je re-dessine. je re-montre. "un quatre"

la dame se re-extasie. oui, il sait lire les chiffres. un peu obsessionnel d'ailleurs, mais bref. la vieille dame demande son âge. troizan. 5 ? non, 3. elle s'esclaffe en me postillonnant dessus. formidable.

à ce stade d'extase, les autres voyageurs nous regardent.

je frappe un grand coup. j'écris son nom. je lui montre. "c'est marqué mon prénom, tom". la classe à dallas.

et là, la chute. dans le dernier virage. sa maîtresse faisant l'appel tous les matins avec les petites pancartes où sont écrits les prénoms des enfants, j'écris le nom de sa copine, eva.

"fatoumata".

blam. au moins, les voyageurs à côté de nous auront souri.